L’Institut interdisciplinaire Interventions et Enjeux Sociaux (INES) fait partie de la Faculté des sciences sociales de l’Université de Strasbourg. L'institut porte la mention de master « Sciences sociales » de l’Université de Strasbourg, conçue dans la continuité des formations de licence regroupées sous la même mention. Cette architecture pédagogique permet aux étudiant·es de s’engager dans un parcours progressif, de la licence au master, ancré dans l’interdisciplinarité.

La mission d'InES est de former des étudiant·es capables de comprendre, d’analyser et d’agir face aux enjeux sociaux contemporains. L’interdisciplinarité constitue le principe fondateur de l’institut : InES mobilise conjointement les disciplines des sciences sociales (et en particulier l'anthropologie, la démographie et la sociologie) pour décrire la complexité du monde social dans toute son épaisseur. Les formations dispensées au sein d'InES s’appuient sur les travaux des deux unités mixtes de recherche auxquelles appartiennent les membres de l’équipe pédagogique : le laboratoire interdisciplinaire en études culturelles (LinCS, UMR 7069) et le laboratoire Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe (SAGE, UMR 7363). Ce lien étroit entre enseignement et recherche garantit une formation en prise directe avec les avancées scientifiques les plus récentes.

Les quatre parcours de master

La mention de master « Sciences sociales » de l’INES propose quatre parcours complémentaires, conçus pour répondre à la diversité des enjeux sociaux contemporains.

Déviances, criminalités, institutions

Axé sur l’étude des déviances, des formes de criminalité et des institutions chargées de les encadrer, le parcours « Déviances, criminalités, institutions » cible des problèmes autant que des enjeux sociaux parmi les plus aigus et les plus controversés. Il s’agit tout autant d’appréhender les mondes sociaux et les (sub)cultures de celles et ceux que nos sociétés labellisent comme « déviants » ou « criminels », que de comprendre de quelles façons l’encadrement de ces populations peut être conçu et vécu tout au long des mailles institutionnelles qui forment la chaîne pénale. De ce point de vue, les institutions étudiées vont des bandes, des gangs et autres groupes criminalisés, à la police, la justice (pénale, sociale ou restaurative) et la prison. S’ajoutent à ce premier panel les différentes instances chargées de la prévention, de l’intervention et de la réinsertion sociales. Si bien que cette formation emprunte tout autant à la sociologie qu’à la criminologie, à l’anthropologie et au droit dans l’idée de former les étudiant·es aux aspects les plus théoriques et les plus concrets des différents rapports – individuels ou institutionnels – aux normes et aux lois.

Intervention sociale

Les inégalités, les vulnérabilités et les stigmatisations qui touchent les populations marginalisées ou minorisées sont au cœur du parcours « Intervention sociale ». En dialogue avec les autres formations qui composent la mention, ce dernier propose de porter un regard aussi critique qu’informé sur la construction des altérités stigmatisées, leurs expériences incarnées et les formes d’étiquetage disqualifiant qui leur sont associées. Aussi bien théoriques que pratiques, les enseignements se situent au plus près des définitions comme de l’application des normes ; aussi envisagent-ils toute la palette des réactions et des contrôles sociaux dont celles et ceux qui sont perçus comme « différents » ou étiquetés comme « déviants » peuvent faire l’objet. Les cours interrogent également les conceptions de la « vulnérabilité », les conditions de vie des populations associées à cette idée et les dispositifs censés les encadrer. Pour ce faire, il s’agit d’instaurer un véritable dialogue entre les savoirs : ceux des professionnels issus du travail social et ceux des chercheuses et des chercheurs en sciences sociales. L’interdisciplinarité visée par ce parcours implique donc une interprofessionnalité, tout comme un enseignement et des recherches appliquées.

Sciences sociales et santé

Le master « Sciences sociales et santé », créé dans le prolongement de la licence Sciences sociales parcours santé, propose une formation aux sciences sociales appliquées aux problématiques de santé contemporaines. Dans une perspective pluridisciplinaire croisant principalement sociologie, anthropologie, et démographie, il articule réflexion théorique et apprentissage des méthodes d’enquête quantitatives et qualitatives nécessaires à l'étude d'une pluralité d'enjeux sociaux relatifs à la santé : de la persistance des inégalités sociales de santé à leur contestation ; des expériences et représentations de la maladie à l'élaboration de savoirs médicaux ; de l'organisation de l'offre en santé à la structuration des parcours de soin ; des mobilisations collectives aux instances de gouvernement de la santé aux niveaux local et global, etc. À travers ses séminaires, le master permet également de se spécialiser autour de thématiques en lien avec la santé mentale, les approches socio-anthropologiques du cancer, les discriminations et les enjeux de santé en situation de migration, ou encore la biomédicalisation de la vie reproductive. S'il forme à la recherche universitaire en sciences sociales de la santé, le master accorde également une place importante à la professionnalisation hors du monde académique, grâce à un réseau partenarial avec différents professionnel·les et institutions de santé. Il porte in fine l'ambition de produire des diplômé·es capables de mettre le pouvoir critique des sciences sociales au service des transformations actuelles du monde de la santé.

Studies: cultural, gender, postcolonial, decolonial (ouverture prévue en septembre 2027)

Affichant une ambition généraliste, le parcours « Studies: cultural, gender, postcolonial, decolonial » mobilise les apports croisés des sciences de la culture et de la société afin de décrire puis d’analyser les différentes façons dont les enjeux contemporains, les risques et les crises sociétales sont perçus, appréhendés et conçus comme des « problèmes publics ». Depuis les crises environnementale ou migratoire, jusqu’aux enjeux démocratiques qui traversent nos sociétés confrontées au creusement des inégalités – sociales, économiques, ethniques ou genrées –, il s’agit de varier les échelles comme les manières d’observer de sorte à comprendre la diversité des expériences face aux urgences contemporaines, indissociablement locales et globales. Les dimensions socioculturelles de ces problèmes ne sont pas pré-données dans la réalité ; elles sont construites par les collectifs qui se saisissent de telle ou telle question et la font entrer dans le débat public. Notre ambition est donc celle de fournir aux étudiant·es autant de clés de compréhension, non seulement pour accroître leurs connaissances des grands enjeux sociaux, mais aussi leurs capacités à se positionner et agir dans un monde en constante mutation.